Châteaumorand

(Propriété privée)


Situation et description

Créé avant 1130 par les Sires de Beaujeu en lutte contre les comtes du Forez et classé monument historique depuis 1981 le château de Châteaumorand est situé sur la route départementale 52 en direction de Montaiguët-en-Forez. De la route on n’apercevra que la conciergerie, permettant l’accès au parc. Il faut prendre la route de Sail-les-Bains pour découvrir l’arrière massif de la bâtisse. Les majestueux cèdres du Liban sont un repère pour le promeneur.


Histoire

Du XIème siècle à la guerre de Cent ans.

En 1190, par donation des Beaujeu, cette maison revint au seigneur local, Eustache de Châtelus. Cette branche cadette des Châtelus, vassale des ducs de Bourbon, joua un rôle prépondérant dans la lutte contre les Anglais dans la seconde partie de la Guerre de Cent ans, en particulier avec le duc Louis II.

En 1356, Hugues de Châteaumorand, seigneur banneret, est premier baron du Bourbonnais. Il est armé chevalier le matin même de la bataille de Poitiers, par le roi, Jean le Bon. Il finance de ses propres deniers la construction du Cloître des Cordeliers de Charlieu, où se trouve actuellement, son gisant et celui de son épouse.

Son fils, Jean de Châteaumorand, fut le grand homme de la famille, ami de Duguesclin, chef de guerre, diplomate et chroniqueur. Il négocia, en 1396 le mariage de la fille de Charles VI avec le roi d’Angleterre, ainsi que le rachat des captifs de Nicopolis. En 1400, il est capitaine pour le roi de France de la cité de Constantinople, assiégée par Bajazet.

Il ne laissa qu’une fille, Agnette, mariée en 1424 à Brémond de Lévis.

Le vitrail de l’église de Saint- Martin les représente tous les deux.


La Renaissance

Après la guerre de Cent ans, commencèrent les guerres d’Italie. Jean de Lévis-Châteaumorand fit toutes les campagnes avec François Ier qui le prit en amitié et le fit, en 1532, gouverneur de son fils cadet, le duc d’Orléans, futur Henri II.

Vers 1520, conquis par le Quattrocento, il fit démolir la forteresse féodale pour ériger un château renaissance.

Son frère et héritier, Antoine de Lévis, évêque de Saint- Flour, termina l’œuvre.

Son héritière fut sa nièce, Gabrielle de Lévis-Charlus mariée à Antoine Le Long de Chenillac. Ils n’eurent qu’une fille.

Diane de Châteaumorand (1558-1626), fut célèbre par sa beauté et ses mariages successifs avec Anne d’Urfé, bailli et gouverneur du Forez, puis Honoré d’Urfé, baron de Châteaumorand (1567-1625).

Honoré d’Urfé écrivit à Châteaumorand les deux premiers livres de l’Astrée, célèbre roman pastoral. Diane de Châteaumorand fit son testament en faveur de son neveu, Jean-Claude de Lévis-Charlus à charge de prendre le nom et les armes de Châteaumorand qu’il fit ériger en marquisat.


Du XVIIIème à nos jours

Après une période médiocre, au début du XVIIIème siècle, François-Charles de Lévis renoua avec la gloire militaire de ses ancêtres.

Lieutenant-général des armées du Roi, il participa à toutes les guerres de Louis XV. Pour moderniser Châteaumorand, il fit démolir à partir de 1759, une partie du château renaissance pour le remplacer par une grande façade à la Mansard.

Une de ses filles épousa Gaston de Lévis-Leran, héritier du marquisat de Mirepoix et du Maréchalat de la Foi. Il succéda à son beau-père comme lieutenant-général du Bourbonnais, brillant mariage mais qui fut néfaste pour Châteaumorand, délaissé au profit de l’Ariège, où se situe la ville médiévale de Mirepoix. A la Révolution, les exactions des districts révolutionnaires furent sévères.

La Restauration et l’Empire furent des périodes brillantes, ce qui amena la descendante des Lévis, la comtesse du Hamel à aliéner Châteaumorand resté dans sa lignée depuis 680 ans.

Châteaumorand fut acquis en juin 1877 par Monsieur Sigisbert Maridet et reste depuis cette date, la propriété familiale.

Le château actuel a conservé derrière sa grande façade à la Mansard des éléments de ses transformations successives